Delicatessens

DeliKatz

Deli14_5 Le quartier du Lower East side n’a pas été une de mes premières destinations dans Manhattan et je le regrette. Arrêt sur la 2ème avenue, ligne F, et cette drôle de question comme à chaque sortie de bouche de métro : quelle surprise m’attend en haut des marches ? L’architecture du quartier est à dimension humaine et les gens n’ont pas de « dress code » particulier. C’est assez rare pour le souligner. Le lieu est fréquenté par monsieur et madame tout le monde, je m’y sens bien. À quelques blocs de là, j’ai rendez-vous avec un incontournable delicatessen qui est dans sa 120ème année. Qui a dit que les Etats-Unis n’avaient pas d’histoire ? Elle commence en poussant la porte de chez Katz.

Quelques pas à l’intérieur et un jeune homme vêtu d’un sweat-shirt aux couleurs de l’établissement me tend un ticket numéroté. Je me mets à espérer qu’il n’y ait pas d’ordre de priorité pour passer commande. Les serveurs entassés derrières le long comptoir s’affèrent pour préparer les assiettes, mais impossible de savoir à quelles personnes il faut s’adresser pour un Chili Dog. Mais enfin comment ça marche ? La première impression du joyeux foutoir organisé cède la place à une observation rigoureuse du spectacle qui se joue devant les clients. Organisation simple et logique. Les French Fries ne se commandent pas au comptoir du Pastrami sandwich qui lui-même ne veut pas entendre parler du Dr. Pepper. 365 jours par an, ce deli propose des variétés de viandes préparées selon des méthodes de préservation qui datent de l’arrivée des premiers immigrants dans le quartier. Depuis 1888, les habitudes du voisinage ont suivi les modes alimentaires. Les Frankfurters et leurs haricots blancs ont cédé la place aux Cheesesteaks, mais on s’attable toujours pour les mêmes raisons : pas cher et bon. Occupée à arroser de Ketchup et de mayonnaise les frites chaudes gorgées de trans fats, je me sens épiée. Bill Clinton, Johnny Depp, Hulk Hogan mais comment ai-je fait pour ne pas les voir en entrant ? Leurs regards semblent alourdis par la graisse déposée sur les cadres et certains sont éblouis par la lumière blanche de la salle. Mais combien sont-ils ? Pas plus de 355 si l’on en croit cette consigne de sécurité qui affiche le nombre maximum de personnes tolérées dans le restaurant.
J’avoue avoir cherché longtemps la table où fut tournée la scène mythique du film « Quand Harry rencontre Sally ». Une pancarte accrochée au plafond qui tournoie dans les courants d’air indique l’emplacement. C’est juste là, en plein milieu de la salle, qu’elle a feint l’extase. Son heure de gloire. Mon quart d’heure de « célébrité » a été de faire rire des officiers de police attablés à côté en essayant de manger maladroitement mon Roast Beef sandwich haut de 15 cm, avec des couverts. Un dernier coup de flash dans l’œil de mon voisin et un serveur me demande si tout se passe bien et si je n’ai besoin de rien. Il m’interroge sur l’origine de mon accent et me salue en Français. Ah, ces serveurs et leur tip ! «Eveything is ok, thank you » ! Je termine mon soda, croque une dernière fois dans mon cornichon géant, découpe un bout de ma tomate gorgée de vinaigre et c’est déjà l’heure de lever le camp. Je prépare ma monnaie en repensant au serveur. Moustache grise, yeux rieurs, cette tête ne m’est pas étrangère. Je m’attarde une dernière fois sur les photos des célébrités et attends mon tour à la caisse. Mais tiens là avec Michaël Gorbatchev, c’est le serveur ! Et là aussi ! Et là…
Un serveur qui prend le temps de papoter avec les clients et pose avec les vedettes de passage, n’est pas un serveur comme les autres. C’est le top de la crème des serveurs et peut-être même qu’il se nomme Katz…

8 thoughts on “DeliKatz

  1. Tout d'abord bienvenue dans la blogosphère! Et sur NYC également!
    Merci pour l'adresse du Katz, ca donne envie d'aller y faire un petit tour… (Je ne suis pas encore vaccinnée contre les Déli! 😉 et en plus quand t'entend le mot peu cher ici, tu vas toujours voir!

  2. je rentre de ny avec ma petite famille et tous mes copains m 'on dit va chez katz ainsi que le guide acheté a paris.
    bref ma femme n' a pas aimé mon fils a pris un hot dog bof, et moi un pastrami viande correct.
    suite du voyage on a trouve un deli kasher sur la 46 eme entre 5eme et 6eme le pastrami est exeptionnel.
    votre blog me rappel les coins visités.
    je reviendrai.

  3. Le problème avec Katz comme avec certains delicatessens c'est l'eternelle déception… Il est cité dans beaucoup de guides touristiques et amènent donc son lot de vacanciers qui attendent de "bien" manger. Grave erreur. Les delis dans leur grande majorité ne doivent pas être pris pour ce qu'ils ne sont pas : à savoir des étapes gourmandes de grande qualité. On y vient, et en particulier pour Katz, pour une histoire et la rencontre avec ce qui reste des habitués du quartier… Mais comme vous je succombe volontiers à un sandwich au pastrami quand il est bien fait 😉

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